?

Log in

No account? Create an account
Lucile in the sky
06 juin 2017 @ 14:37
J'ai l'impression d'avoir passé la soirée avec des vieux potes hier, c'était chouette. J'ai passé le stade "Hiiii, ils sont là, devant moi!" et c'est cool.

Il y a quelque chose presque impossible à expliquer à voir sur scène un groupe qu'on a connu à douze ans, et d'être toujours là vingt ans après. Je pourrais vous dire qu'on a grandi ensemble, que c'est comme si je les connaissais, mais ça ne suffit pas vraiment. En fait hier soir j'ai réalisé que non seulement leur musique avait toujours été là pour nous, mais que nous aussi on avait toujours été là pour eux. Il y a une réciprocité là-dedans et c'est ça qui un peu spécial. Au bout de 2 chansons, j'ai dit à ma demi-soeur "Regarde Isaac, il sourit tout le temps, il est trop content d'être là !", ça se ressentait tellement, il nous regardait en souriant, alors je souriais aussi. Oui on était contents de tous se retrouver hier soir, à tous chanter et danser sur des chansons qu'on aime ensemble, des chansons du tout début jusqu'à la toute nouvelle, on a retracé 20 ans de nos vies respectives autour des mêmes chansons. Ca a quelque chose de magique la musique, ça réunit les gens. Et puis Taylor a pris la parole pour présenter "Strong Enough To Break", cette chanson de 2004 qui raconte leur rupture avec leur maison de disques. Le public est le même qu'à l'époque parce que depuis ils sont indés, ils ne passent plus en radio ni sur MTV, alors il n'y a plus tellement moyen de trouver un nouvel auditoire. Il explique que c'était une période difficile pour eux, et je me rappelle du documentaire du même nom, des larmes de Zac, de la tête de Taylor qui disait "It's just so scary, somebody make it easy ! 'cause at a certain point, another year of this and I'm just gonna drive off a cliff ! I'm litteraly gonna drive off a cliff !". Ils s'en sont sortis en lâchant leur label et en pariant sur le fait d'y arriver seuls, ils avaient 16, 18 et 21 ans. Alors d'entendre Taylor nous remercier d'avoir toujours été là, c'était assez émouvant, parce que oui, on était tous déjà là à l'époque, et s'ils font encore de la musique c'est parce qu'on est toujours derrière eux. S'ils ont réussi leur pari c'est un peu grâce à nous, et j'ai ressenti ça hier, qu'ils étaient finalement aussi heureux de nous voir là, danser en Europe sur leurs chansons vingt ans après leurs débuts, que nous de les voir venir jusqu'à nous. Et c'était bien. C'est cette proximité qu'ils ont avec leur public qui rend tout ça un peu particulier, ce n'est pas le gros concert de Muse ou de Coldplay, on les connaît bien, depuis longtemps, on sait leurs habitudes, on déchiffre leurs visages. On s'est connus ados, maintenant on est tous grands, et c'est toujours un super moment de faire la fête avec eux et avec d'autres gens qui partagent un peu la même histoire.

So, see you next time guys, take care, love ya !
Tags:
 
 
Fond musical :: strong enough to break
 
 
Lucile in the sky
05 juin 2017 @ 16:40


20 ans... Putain 20 ans !!!!
En l'honneur du concert des Hanson ce soir à Paris, je viens de réaliser que j'avais acheté ce single il y a 20 ans tout rond. Quelque part en mai ou en juin 97... Voilà, voilà...

Et pourtant je me rappelle de presque tout comme si c'était hier. Il faisait chaud, on écoutait leur interview sur fun radio dans la cour du collège avec ma meilleure copine Sarah sur mon walk-man et c'était déjà un peu les vacances. Je guettais l'apparition du clip sur MTV, ils étaient blonds, il faisait beau, ça sentait bon le sable chaud et les couleurs de l'album étaient celles de l'été, je dormais avec le single posé sur ma table de nuit contre mon poste à cd. J'ai acheté l'album complet début juillet et on l'écoutait en boucle avec ma soeur en décollant le papier peint de sa chambre. On arrachait un peu de plâtre avec, et on crevait de chaud. Et puis on se demandait qui chantait quoi. On est partis en vacances dans la Creuse cet été-là, j'avais converti ma demi-soeur Marion à ma nouvelle obsession, on mettait les cds sur la table de nuit entre nous deux pour dormir. Et on regardait partout pour voir si la famille Hanson n'était pas en vacances dans le même endroit que nous. Oui, dans un camping au fin fond de la Creuse, alors qu'ils étaient en pleine tournée mondiale, on trouvait ça tout tout à fait possible. On passait des heures à parler d'eux, perchées dans les jeux pour enfants le soir. J'ai acheté mon 1er star club et appris que Zac était né le même jour que moi, c'était un signe de quelque chose, forcément. Et puis il y avait les Hollandais du camping qu'on trouvait vraiment mignons. Mon autre demi-soeur Camille avait entendu le prénom du grand blond, il s'appelait "Tennis", oui bon, elle avait 5 ans... Je mettais un short par-dessus mon maillot de bain une pièce, et je trouvais que ça faisait une tenue trop cool. On regardait chaque semaine la rediff de "Les Oiseaux se cachent pour mourir" avec ma mère, ma soeur, mes demis-soeurs. On se demandait si on préférait Taylor ou Zac. On faisait des poses photos qui copiaient celles des Hanson sur la jacquette de leur cd, mon frère obtempérait en faisant la tronche, mais seul garçon au milieu de 4 filles, il était dépassé. J'ai passé mes vacances chez papa à traduire chacune des 13 chansons de l'album avec un petit dictionnaire et l'aide de ma grande soeur. En rentrant en 4e en septembre, j'étais la meilleure de ma classe en anglais LV2. Cet été-là j'ai aussi eu mes premières règles. Et j'ai découpé une petite photo de Yannick Noah et sa fille Elyjah dans Gala.

Je regarde la couverture de ce single jaune et orange, et je sens le soleil sur ma peau, l'odeur du produit pour décoller le papier peint, et je revois exactement la chambre du camping dans la Creuse. Comment tout ça peut s'être passé il y a vingt ans si je m'en rappelle aussi bien ?
 
 
Lucile in the sky
13 mars 2017 @ 17:07
Voilà, j'ai vu les 171 épisodes de Vampire Diaries, j'ai adoré les 3 premières saisons et demi et la 6e, le reste fut un très long WTF. J'attendais beaucoup de ce finale, car je savais qu'avec un peu de bonne volonté Julie Plec et Kevin Williamson pouvaient faire un bel adieu. J'ai été un peu déçue, mais je fais avec...

Spoilers The Vampire Diaries 816Réduire )

Je crois que maintenant, j'ai envie de regarder The Originals...
 
 
Lucile in the sky
12 février 2017 @ 19:00
Lundi j'ai été voir Jackie au cinéma, pas mal pour Natalie Portman et aussi parce que j'avais envie depuis un moment d'en apprendre plus sur les Kennedy. Le film est très beau, mais j'ai été déçue qu'il ne se concentre que sur la semaine qui suivit l'assassinat de JFK. Alors j'ai enchaîné sur la série The Kennedys sur Netflix. Dire que j'ai passé ma semaine avec la famille Kennedy ne serait donc pas tout à fait faux. Et maintenant j'en veux plus !

Ce que je connaissais des Kennedy se résumait à finalement peu de choses. Il y avait les articles de Paris Match et Gala de 1999 à la mort de John John, les histoires de malédiction, les photos de John John jouant dans le bureau ovale ou faisant le salut militaire à 3 ans aux funérailles nationales de son père, Dallas, Oswald, les théories du complot. Je savais que Jackie était devenue Onassis, qu'il y avait un frère Robert Kennedy qui était aussi un politique connu. Et puis deux chansons, la fameuse de Vanessa Paradis Marilyn et John "Marilyn peint sa bouche, elle pense à John, rien qu'à John" qui m'avait mise au parfum des tromperies du président. Et celle d'Emilie Plaitin La famille Kennedy entendue en première partie d'un concert, qui donnait un peu envie d'en apprendre plus "Dans la famille Kennedy, tout le monde est beau tout est poli, mais ne soulève pas le tatami sous Joe, John et Bobby. Dans la famille Kennedy, j'me serait nommée Rosemary". J'en étais là, et je n'ai pas été déçue d'aller voir un peu plus loin, il y a de quoi en faire des livres et des séries de cette famille ! Je dirais bien que c'est Dallas, mais j'ai peur que la blague soit malvenue...

On a donc le père, Joe Kennedy, politique qui briguait la présidence des USA et a ensuite tout fait pour y installer ses fils. Dans le showbiz il y avait Joe Jackson qui essayait de faire de ses 9 enfants des stars, et dans la politique Joe Kennedy essayait de mettre quelques-uns de ses 9 enfants (ses fils en fait) à la tête du pays. Il y préparait activement l'aîné Joe Jr lorsque ce dernier s'est fait tuer pendant la seconde guerre mondiale. Joe Sr s'est donc rabattu sur son 2ème fils John, qui réussi brillament comme on sait, soutenu par son petit frère Bobby, l'homme de l'ombre. John accède à la présidence en 1960 et fait de Bobby son attorney general et principal conseiller, présidence à deux têtes. John est jeune et beau, il a une jolie femme et de beaux enfants, il est le premier président (et le seul ?) à avoir eu deux enfants pendant son mandat : John John né après l'élection mais avant l'emménagement à la maison blanche, et Patrick, prématuré qui a vécu deux jours, deux mois avant l'assassinat de JFK, le couple avait déjà perdu son premier enfant et ils étaient heureux parents d'une petite Caroline. Un président progressiste à qui on demandait “If you were to have a son, would you encourage a political career for him?” et à quoi il répondait “Yes, and I hope if I had a daughter I might encourage her to play some part. I don’t think this should be confined to men only.” Bref, à part être un mari infidèle, le président Kennedy a une image plutôt sympa j'ai l'impression. Après l'assassinat de John, Bobby deviendra sénateur de l'état de New York puis se lancera dans une candidature à la présidentielle, afin de poursuivre les projets qu'il avait débutés avec John. Il se fera assassiner en 1968 pendant sa campagne, après avoir gagner les primaires en Californie, laissant derrière dix enfants et sa femme enceinte du onzième. Prolifique. Dans le reste de la fratrie, on note Rosemary, Kathleen et Ted. Rosemary, l'aînée des filles est bien cachée car elle ne flatte pas l'image lisse de la famille. Il y a deux théories, la première dit que Rosemary était placée en institution pour un retard mental et qu'une lobotomie l'a laissée définitivement handicapée au lieu de la sauver. La plus vraisemblable est que le mode de vie dissolue de Rosemary ne collait pas à la carte postale Kennedy, et que son père voulut la remettre dans le droit chemin en lui faisant subir une lobotomie qui la laissera handicapée mentale en institution jusqu'à sa mort à l'âge de 86 ans. Kathleen la deuxième fille s'est mariée en Angleterre à un protestant contre l'avis de sa famille, elle meurt quelques années après dans un accident d'avion, sa mère qui ne lui a jamais pardonné ne vient pas aux funérailles. Elle est belle la famille Kennedy... Ted est le dernier fils Kennedy, il suivra une carrière politique comme le veut la tradition. Il y a aussi 3 autres soeurs qui seront sages et ne feront pas de vagues. Le sort tout de même se vengera un peu sur Joe Sr, laissé hémiplégique en 1961 par une attaque cérébrale. Après l'assassinat de JFK en 1963, il essaie de dissuader Bobby de se présenter à la présidence, ses craintes furent confirmées par l'assassinat de Bobby en 1968. Joe Sr mourra un an après en 1969. Ted, le dernier fils, sénateur du Massachussets, survit à un accicent d'avion en 1964 et se retrouve patriarche de la famille et tuteur des treize orphelins laissés par ses frères en 1968 après la mort de Bobby. Les menaces de mort le dissuadent de se présenter à son tour à la présidence. Il est le seul des 4 frères Kennedy à mourir d'une mort naturelle en 2009. Je ne me suis pas encore intéressée à la génération suivante, je sais juste que John John était un beau gosse qui est mort dans un accident d'avion à 39 ans et que Caroline est la seule de la branche "JFK" toujours en vie, et qu'elle fait trempette dans la politique, vaguement.

Alors on connait plutôt bien JFK, mais celui qui m'intéresse c'est Bobby. J'ai beaucoup aimé le personnage qui est dépeint dans Jackie et dans The Kennedys, je cherche à savoir si c'est réaliste. J'aimerais trouver un livre qui se concentre sur le destin de Bobby, ce n'est pas très facile... Dans The Kennedys il est présenté comme le fidèle deuxième homme, celui qui ne cherche pas les spotlights mais travaille dur dans l'ombre. Il est un père de famille très nombreuse et mari fidèle, j'ai bien aimé aussi le portrait de sa femme Ethel. Bobby est montré comme un homme de famille, qui s'appuie sur elle et peut également se sacrifier pour elle. Il est le roc sur lequel John peut toujours compter lors des tempêtes de la vie politique, et celui qui aide Jackie à maintenir la tête hors de l'eau après le drame. Dans Jackie il est également celui qui se tient toujours à ses côtés et supporte toutes ses décisions malgré le désaccord parfois de la mère Rose Kennedy. Le Bobby qui est dépeint est très touchant, dans sa fidélité à son frère avant et après sa mort.

The Kennedys n'est pas la série du siècle, elle a d'ailleurs été refusée par History Channel, elle me semble assez complaisante, mais elle a le mérite d'éclairer un peu le regard de néophytes comme moi, en balayant 10 ans de l'histoire de la famille en huit épisodes. Elle passe outre des sujets intéressants (le scandale Rosemary est évité, on effleure les infidélités du président, sa maladie et sa dépendance à des médicaments), mais j'attends tout de même avec un peu d'impatience le deuxième volet qui doit paraître cette année : The Kennedys after Camelot. C'est le rêve américain des années 60, la famille aux apparences proprettes qui joue au football américain dans le jardin à la pelouse bien tondue, devant la belle maison. Ca m'a donné envie d'aller chercher plus loin.

Jackie en revanche est un bon film, qui n'évite pas le sordide mais traine peut-être un peu dans le pathos. Difficile de s'en échapper car le sujet est difficile. Une semaine dans la vie de la première dame qui ne l'est plus, l'assassinat de JFK, le sang sur la robe, les détails glauque auxquels on n'avait pas pensé, des petits enfants à protéger, des funérailles nationales à organiser, la douleur, des valises à faire, la maison blanche à vider... C'est Jackie qui jongle entre l'hommage à rendre à son mari et la sécurité nationale qui a peur d'un nouvel attentat.

Tout ça m'a évidemment aussi fait lire les théories du complot sur la mort de JFK, les histoires de balles magiques, d'autopsies mal faites, de preuves disparues, de tireurs multiples... Ce qui est frustrant c'est qu'il y a sûrement beaucoup derrière, mais qu'on n'en saura jamais plus. Du moins pas de notre vivant. Déjà la robe de Jackie du jour J est conservée dans un coffre et ne sera montrée au public qu'en 2117... Histoire d'attendre que tout le monde soit bien mort pour dévoiler des choses...

Comme disait notre bon vieux De Gaulle :
"On ne saura jamais la vérité. Car elle est trop terrible, trop explosive : c'est un secret d'État. Ils feront tout pour le cacher : c'est un devoir d'État. Sinon, il n'y aurait plus d'États-Unis"

 
 
Lucile in the sky
20 août 2016 @ 23:26
Depuis quelques mois j'ai replongé dans le Potterverse, hard. Tumblr m'a aidée, les gens postent des trucs rigolos sur HP sur Tumblr. J'ai même lu une très longue fanfic que j'ai adorée ! Non terminée, en hiatus depuis 3 ans, j'ai eu un réel syndrome de manque en la terminant. "The Life and Times" ça s'appelle, et c'est une fanfic très connue dans le milieu sur l'époque des maraudeurs. En ce qui me concerne, elle fait partie du canon.

J'ai attendu de pied ferme The Cursed Child, je l'ai pisté en Ecosse et fini par le trouver. J'ai bien aimé, avec des réserves évidemment. J'ai posté une critique sur mon blog de lectures ici . J'attends aussi les 3 petits ebooks qui doivent sortir début septembre, même si je pense que les 3/4 ont été posté sur Pottermore ces dernières années. Et j'ai hâte de voir Les animaux fantastiques avec Eddie Redmayne. J'adore l'univers étendu de HP ^^ J'espère qu'à terme il sera presque aussi large que celui de Star Wars !

Tout ça m'a donné envie de reprendre le clavier. J'ai entamé un nouveau recueil de one-shots, et j'ai réussi à en publier deux en 4 mois. C'est bien, je suis fière de moi ! Je ne me lance plus dans de grandes histoires que je ne terminerai pas, le one-shot c'est bien pour moi. Mon nouveau créneau c'est de raconter des passages de la vie de Sirius (et Remus par extension) entre le tome 3 et le tome 5, et de m'amuser à intégrer tout plein de flashbacks sur l'époque des maraudeurs. C'est mon nouveau jouet, ça m'occupe des journées entières.

S'il y en a qui lisent encore ce LJ et que ça intéresse, c'est par ici, et ça s'appelle "To wish impossible things"

Potterhead un jour...
 
 
 
Lucile in the sky
07 février 2016 @ 17:32
Avec quelques années de retard je découvre Un Village Français, j'aime beaucoup plus cette série que ce que je n'aurais pensé !

Un Village Français est une série de France 3 qui commence en juin 40 lorsque le village de Villeneuve voit débarquer l'occupation. Le rythme est de 12 épisodes couvrant une année d'occupation. Une fiction qui a autant de marge de manoeuvre pour couvrir la 2nde guerre mondiale, c'est nouveau. Ca laisse du temps pour étayer le propos, et notament pour développer la fabuleuse galerie de personnages qui font la série. Car il y a du monde dans le casting principal ! Et ce que j'aime le plus c'est que tous les personnages sont gris, personne n'est que bon ou mauvais, et ceux qui finiront probablement en héros s'ils ne se font pas tuer avant ont presque tous trahi sous la pression, eu des motivations douteuses ou collaboré. Il arrive que les allemands sauvent la peau des français pour diverses raisons et que les ordures retournent leur veste. Pas de caricatures, mes des personnages humains et attachants qui vont presque tous faire des erreurs à un moment ou un autre. Je suis à la fin de la saison 5, nous sommes en novembre 43, la série a diffusé la saison 6, la 7 est en préparation et sera la dernière. Jusque là les personnages principaux ont été plutôt épargnés par la mort, j'ai un peu peur que ça ne dure pas... La série est historiquement intéressante, elle aborde des points dont je ne me rappelais pas tellement. Le fait que la ligne de démarcation ait sautée en 43 par exemple, supprimant la France libre du sud. On voit débarquer un convoi de juifs qui font halte pendant plusieurs épisodes à Villeneuve avant de reprendre leur route vers  quoi ? les personnages n'en ont aucune idée, le spectateur sait que c'est vers les camps. On demande aux villageois qui n'ont rien de leur trouver un endroit et de leur donner à manger. On les parque à l'école, on fait une collecte pour leur trouver trois fois rien à manger... La trame sur la déportation des juifs est une des plus intéressantes de la série. Elle arrive à toucher tous les personnages, chacun d'une manière différente, et fait vaciller les plus maréchalistes. Et puis il y a le STO, les déserteurs et le maquis qui monte. Chaque saison ou demi-saison apporte un nouvel aspect historique.

J'ai commencé la série après avoir fini Engrenages parce que j'y retrouvais deux acteurs bien aimés. Audrey Fleurot joue la femme du maire et docteur du village, et encore une fois elle campe superbement son rôle. On pourrait facilement détester Hortense Larcher, déchirée entre deux hommes, son mari et le chef de la gestapo, changeant sans arrêt de camp. Et pourtant elle est touchante, parce qu'elle reste sincère malgré tout et se laisse guider par son coeur qui, malheureusement pour elle, est amoureux de deux extrêmes. Hortense est capable de recueillir un petit orphelin et de l'élever comme le sien, de mentir au père qui le cherche puis d'abandonner cet enfant pour aller rejoindre son amant. Elle est capable de se faire torturer pour son ex-mari et de livrer son frère aux SS pour sauver son amant. Un amant qu'elle peut également délaisser pour s'occuper de ce fils adoptif qu'elle a abandonné et du fils du beau-frère qu'elle a livré aux allemands. Hortense est un personnage complexe qui arrive toujours à ses  fins, difficile à cerner. J'aime la façon qu'elle a de faire des erreurs par amour et d'essayer de les réparer ensuite. Flamboyante, sa belle chevelure rousse risque fort de finir tondue...

Thierry Godard (le Gilou d'Engrenages) campe Raymond Schwartz, patron de la scierie du village, collabo puis résistant. Raymond hésite à se lancer dans le commerce avec les allemands mais il a besoin d'argent et a peu de scrupules. Seulement Raymond, marié à une connasse maréchaliste pleine aux as, est amoureux d'une fermière résistante mariée. Il va falloir du temps au personnage pour se libérer de ses chaînes, 3 saisons, puis une 4ème d'où il est presque absent (tournage d'engrenages concomittent...). Et le revoilà dans la saison 5 dont les événements risquent fort de l'amener à un revirement total. Raymond est un personnage que j'aime beaucoup, il n'a peur de rien, il ne sait juste pas très bien de quel côté il doit prêter allégeance et manque de convictions, alors il attend de voir dans quel sens on le pousse. Je suis certaine qu'il finira la série avec les héros de la résistance. #TeamRaymond

Et puis il y a les frères Larcher. Daniel le mari d'Hortense, cocu toujours, médecin et maire, qui essaie de rester neutre, forcé de collaborer un peu pour épargner la population. Lorsqu'il est à la tête de la ville, il s'arrange avec la police française pour faire au mieux, contenter les allemands et faire peu de victimes, limiter la casse, ne pas mettre l'occupant en colère. Et puis sa femme s'installer chez l'ennemi, il tombe amoureux d'une juive et choisit son camp un peu malgré lui. Un jour, il n'est plus maire de Villeneuve et tout va de mal en pis. Et son frère Marcel, le communiste, père veuf d'un petit garçon. Marcel est personnage très attachant, malgré les côtés Kamarade un peu agaçants. Il se bat très tôt et rentre dans les prémices de la résistance. Ca fait 2 saisons que je pense qu'il va mourir au prochain épisode, je commence à avoir très peur qu'on me tue mon Marcel très prochainement. Les 2 frères ne se sont jamais vraiment entendus, mais Marcel en cavale peut compter sur Daniel pour élever son fils et lui sauver la peau à l'occasion. Marcel croit assez en La Cause pour laisser son fils être élevé loin de lui et un peu trop au goût de la Kamarade qui va tomber peu à peu amoureuse de lui malgré les interdictions du Parti.

Un gros coup de coeur pour Marie également, maîtresse intermittente de Raymond Schwartz. Personnage important de la résistance dès 1940 alors qu'elle vit dans la zone libre. La ligne de démarcation passe juste à côté de Villeneuve. Marie fait partie de ces rares personnages qui n'ont pas grand chose à se reprocher pendant cette guerre, elle s'est toujours battue du bon côté et battue sans compter au détriment de sa famille.

Au village il y a aussi les instits, la jeune Lucienne timide et peureuse qui va s'amouracher d'un beau soldat allemand malgré les interdits et tomber enceinte de lui. Le gentil Jules, directeur amoureux de Lucienne qui va sauver la situation en épousant Lucienne et en reconnaissant son bébé. Jules, qui parait tout doux et inoffensif, et fini par réveler sa face caché lorsqu'il aide un juif à monter la résistance à Villeneuve en zone occupée. Sans l'approbation de Lucienne.

Et puis les flics. De Kervern, le commissaire résistant et refusant de collaborer qui va se faire rapidemment virer car il dérange. Marchetti le jeune flic aux dents longues qu'on commence par bien aimer quand il tient tête aux allemands pour sauver De Kervern, qu'on déteste ensuite cordialement pendant plusieurs saisons, avant de lui trouver quelques excuses. Comme les autres, Marchetti a ses faiblesses, il tombe amoureux, fait de la merde et en paie l'addition, sa vision du monde change alors, un peu. Je ne sais pas comment Marchetti va finir la guerre, pas si sûre que ce soit complètement dans le camp des connards.

Enfin Heinrich Müller, le chef de la Gestapo, amant officiel d'Hortense. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'aime bien Heinrich, mais j'aime bien ses scènes. Il est rare qu'on nous fasse un portrait aussi détaillé du "méchant". Heinrich est là pour tenir Villeneuve en laisse, empêcher les débordements, museler la résistance, torturer et tuer si besoin. Mais Heinrich tombe amoureux d'Hortense. Alors Heinrich se trouve empêtré dans ses contradictions. Il peut torturer Hortense pour faire parler Daniel comme il peut protéger Daniel pour faire plaisir à Hortense. Il court après Marcel (le beau-frère communiste d'Hortense), le tient au cachot, s'apprête probablement à le fusiller, mais il dîne avec le fils de Marcel et lui demande de faire moins de bruit en mangeant sa soupe. Les quelques scènes en saison 5 entre Heinrich et Gustave sont intéressantes. Notament celle où Heinrich explique au fils de Marcel que oui il tient son père prisonnier, mais qu'il n'y a pas de gentils, pas de méchants, que c'est juste la guerre et que son père se bat contre lui. La guerre est presque perdue pour les allemands, Heinrich le sait et laisse peu à peu tomber ses barrières, le personnage promet de devenir de plus en plus intéressant.

Il y a encore beaucoup d'autres personnages dans Un village français. Je ne saurais trop vous conseiller de regarder cette série pour faire connaissance avec eux !
 
 
Lucile in the sky
On a plein de gens dans nos vies, des gens qui passent, des gens qui restent, des gens que le temps a éloigné mais qui restent chers à nos coeurs. Ce soir je pense à ces personnes qui étaient dans ma vie avant même que je ne sois née, ceux qui ont entouré mon enfance, l'ont rendue plus douce, plus amusante. C'était des amis de mes parents, de mes oncles et tantes, ils m'ont vue naître, apprendre à marcher, à parler, m'ont raconté des histoires, m'ont bordée, emmenée me promener, appris à pêcher des poissons-chats, ils ont consolé les bobos et le divorce des parents. Et puis les années ont passées, ils sont un peu plus loin mais m'embrassent toujours sincèrement quand on se retrouve autour d'un café, d'un apéro, d'un aïoli en Bretagne. Ils sont là avec un regard affectueux, la famille au sens large, et je sais ce que je leur dois, tous ces rires et ces bras qu'ont m'ont construit. Jusqu'au jour où ils ne sont plus là.

En novembre on a perdu cette amie chère. "La femme du parrain de ma soeur", ça ne lui rend pas justice, ça ne dit pas tout ce qu'elle a été dans nos vies. Ca ne dit pas ces journées passées avec elle, ces semaines où elle m'a pris dans sa maison et où je me sentais chez moi. Elle s'occupait bien de nous, j'étais bien chez elle. Tous ces souvenirs dans cette maison... Les après-midi à jouer aux dinosaures avec son fils, les disputes avec sa fille et ma soeur le soir quand on dormait là-bas et qu'elles bavardaient trop. "Eteindez la loumière !!!" je leur disais. Et les jeux de playmobils "Que tous les soldats qui veulent faire pipi sortent du fort !". Elle m'achetait mon Astrapi et avec son fils on mangeait ses sucrettes en cachette, on trouvait ça bon. Et puis j'ai grandi, souvent elle passait prendre le café chez Maman, j'étais toujours contente de la voir. En juillet, je l'ai embrassée sans savoir que c'était la dernière fois, on a parlé de mon travail, de l'hôpital, elle avait cette oreille attentive. Elle nous manque déjà.

Et puis il y a quelques heures, j'ai appris que c'était Tonton qui nous avait quitté il y a quelques jours. Je l'ai appris par un message sur facebook d'une de mes cousines à plusieurs personnes de la famille. Maman n'osait pas m'appeler, m'entendre pleurer au téléphone toute seule chez moi, pas deux fois en 3 mois, c'est un peu trop pour une maman... Tonton ce n'était pas mon oncle, mais c'était cette famille étendue, le meilleur ami de ma tante. Il était toujours là dans les weekends familiaux de mon enfance. Il y avait ma mère et ses trois frère et soeurs, ma mère venait avec mari et enfants, mon oncle avec femme et enfants, mes tantes avec leurs potes. J'ai autant d'écart avec ces tantes qu'avec les aînés de mes cousins paternels, on est proches, elles ont longtemps été nos tantes sans enfants, elles faisaient plein de trucs avec nous. Et Tonton aussi. J'ai un souvenir brumeux de cette petite enfance, mais je me souviens qu'il était souvent là, qu'il était rigolo et que j'adorais quand il venait. J'ai grandi, la maison des weekends a été vendue, les tantes ont eu des enfants, on a moins vu Tonton. Mais il était toujours là aux anniversaires de ma tante, à dîner chez elle quand j'allais passer des vacances là-bas. Toujours là avec ses "La p'tite Lulu !" et sa bouteille de ricard... Il y a eu ces vacances en Bretagne quand j'avais 22 ans, j'en garde de bons souvenirs, on a beaucoup rit, comme toujours, et c'était le Tonton de mon enfance. Et puis les années ont continué à passer, je ne suis plus très sûre de la dernière fois où je l'ai vu, je sais juste qu'il a bu toute la bouteille de whiskey qu'il avait ramené, et qu'il n'y avait pas que sa main qui tremblait quand il se servait. La fin a sûrement dû être triste et dure, l'alcool ça rend seul... Je pense à cet homme qui riait il y a longtemps, avant de s'auto-détruire, et j'espère qu'il est mieux maintenant. En pensant à Tonton, j'ai pensé à Minou, le premier mari de ma tante, pas vu depuis quinze ans, une même figure affectueuse de mon enfance, qui faisait le canard avec ses joues. Dans leurs soirées de jeunes vingtenaires j'étais la nièce de 4 ans qu'on fait tourner dans ses bras. Ma soeur l'a vu cet après-midi à l'enterrement de Tonton, il a dit d'embrasser "la p'tite Lulu".

La p'tite Lulu est un peu triste ce soir... Mais elle se dit qu'elle a eu bien de la chance, d'avoir tous ces gens dans son enfance pour la prendre dans leurs bras et l'embrasser. Au-delà de la famille de sang, de tous les oncles et tantes, des grands-parents et des grands cousins, il y a aussi tellement d'autres gens qui ont compté. Deux viennent de partir, mais il en reste tant... Je me dis que c'est un bien petit prix à payer de verser des larmes toute seule chez moi, à côté de tout ce que je me suis sentie aimée en grandissant. Que je crois que c'est une chance, d'avoir autant de gens à pleurer...


"Prendre un enfant par la main, pour l'emmener vers demain. Pour lui donner la confiance en son pas, prendre un enfant pour un roi.
Prendre un enfant par le coeur, pour soulager ses malheurs. Tout doucement sans parler, sans pudeur, prendre un enfant sur son coeur"
- Yves Duteil -
 
 
Lucile in the sky
16 janvier 2016 @ 18:11
J'ai commencé à regarder la série de Canal Engrenages, j'en suis au milieu de la saison 3 et j'aime beaucoup !

J'ai commencé pour Gregory Fitoussi, l'ex beau gosse de Sous le soleil qui s'est mis à faire de bonnes séries (à la fin d'engrenages, je me lance sur Mr Selfridge, monsieur s'exporte en Angleterre). Et j'ai continué pour tous les autres. Parce que le personnage incarné par Fitoussi est certes très agréable à regarder, mais beaucoup trop lisse pour moi.

Engrenages est une série policière qui n'a pas peur d'être crue, sordide et crade. Ca commence doucement, et plus les saisons avancent plus ça se creuse. Les personnages combattent de plus en plus de démons personnels, on nous montre sans problème du sang, des meurtres, des autopsies et des flics qui dégueulent. Visuellement même l'image s'assombrit. Ca change des séries américaines stérilisées, j'aime bien. Il y a plusieurs équipes dans Engrenages, les flics, les magistrats et les avocats, ils suivent leurs intrigues en parallèle et se croisent au gré des affaires qui se rejoignent.

J'ai d'abord eu un faible pour les histoires des magistrats. La 1ère saison nous plonge dans les problèmes de Pierre Clément (Fitoussi donc), jeune procureur qui vient d'être nommé au quai des Orfèvres et se retrouve le cul entre deux chaises quand il s'aperçoit que son meilleur ami est mouillé dans le crime de la saison dont il gère le dossier. Il essaie d'agir de façon juste tout en protégeant son pote, pas facile pour un type comme le procureur Clément qui est droit dans ses bottes et n'imagine pas transgresser la loi, un choix va vite s'imposer. Au milieu de tout ça il essaie de divorcer tout en recouchant avec sa femme et fricote avec la capitaine de police Laure Berthaud. Les saisons suivantes vont s'éloigner un peu du proc Clément en zoomant sur d'autres personnages. Dans la magistrature il y a aussi le juge Roban qu'on adore, soyons clairs ! Un vieux un peu pince-sans-rire qui n'en fait qu'à sa tête pour faire régner la justice malgré les bâtons que le parquet lui colle dans les roues. Etonnament le juge Roban est en plus assez marrant. La saison 3 est son heure de gloire, on lui découvre une mère, un frère, une ex et ça va être à son tour de devoir choisir entre liens familiaux et justice. Ce juge d'instruction se retrouve souvent en contact avec la PJ notament le capitaine Berthaud qui ne fait que s'attirer des ennuis, il l'aime bien et essaie de lui faciliter la tâche. Il s'entend pas mal avec Pierre Clément aussi, j'aime bien leurs scènes ensemble. Et puis le fouteur de merde c'est le procureur Machard avec ses yeux globuleux, un vieux qui essaie d'étouffer les affaires concernant les notables du pays, il se met à dos Clément et Roban, pour l'instant il a juste réussi à faire tomber Clément.

Dans les avocats il y a principalement Joséphine Karlsson, la dame du lac de Kaamelott, une femme aux dents longues qui n'a pas peur de défendre des criminels pourvu que ça lui rapporte du pognon. Sa némésis c'est le capitaine Berthaud contre qui elle a plusieurs fois plaidé. On adore détester Joséphine, mais j'ai l'impression que ça va bientôt changer. En saison 3 elle vient de s'associer avec Pierre Clément, monsieur droiture incarnée. Je crois qu'à son tour, Joséphine va avoir bientôt droit au développement de ses intrigues, on va mieux apprendre à la connaître, peut-être qu'on va lui trouver des excuses...

Et enfin il y a la PJ, Laure Berthaud, Gilou et Tintin. J'ai appris à les aimer en saison 2 avec l'affaire des stups, la saison 1 était pour moi trop focalisée sur Pierre Clément, les intrigues de Gilou le camé me faisaient chier. Le truc sympa c'est que dans l'équipe la capitaine c'est Laure, c'est la chef des 2 autres et ça ne pose jamais aucun problème. Dans le monde macho de la police c'est chouette. Alors c'est pas facile pour autant tous les jours pour Laure, faut dire qu'elle se retrouve tout le temps en train de couvrir les bavures de Gilou. Je crois que mon commentaire le plus fréquent quand je regarde cette série c'est "Putain Gilou !!!!!!". Laure est célibataire et vit au taff. Pour se détendre une fois de temps en temps elle couche avec un John Doe chopé au bar ou bien avec un type du palais, on n'en fait pas tout un plat, elle couche et puis elle va bosser et c'est oublié. Les intrigues de femmes à la télé sont rarement traitées de cette façon, Laure est ici juste "one of the guys" est j'aime bien ça. Alors bon, elle va brièvement se trouver un mec mais ça va mal se finir, et là en saison 3 elle est un peu dépressive, c'est pas la patate. On en vient donc à Gilou qui est là pour relever Laure quand elle fait de la merde parce qu'elle ne va pas bien. Gilou il est très attachant. Flic camé en saison 1, c'est Laure et Tintin qui vont le sortir de là, et après c'est comme le frangin de Laure, le frangin un peu sanguin qui fait des bavures quand il est énervé, du coup il fout la brigade dans la merde mais après ils picolent ensemble et se prennent dans les bras en s'insultant un peu. On ne compte plus le nombre de morts par erreur à cause d'une erreur de Gilou ou Laure, ils sont donc un peu dans le colimateur de la hiérarchie... Pour l'instant il n'y a aucune ambiguïté dans la relation entre Laure et Gilou, c'est ça qui me plait, mais j'ai un peur que ça change... A côté y'a Tintin, Fromentin, le 3e larron qui commence à en avoir marre de leurs conneries. Lui il est père de famille posé et voudrait éviter les emmerdes. Mais comme Gilou et Laure sont ses potes il commence par les engueuler et puis il vient les aider à forcer une porte pour faire disparaître des preuves contre eux. Ouais ils sont pas blancs-blancs les flics...

Engrenages est une très bonne série donc. Mais il y a de sérieux problèmes de continuité entre les saisons. Attention spoilers !
Les questions auxquelles on oublie de répondre en début de saisonsRéduire )
 
 
Lucile in the sky
11 octobre 2015 @ 14:19
Ce petit plaisir en sortant de garde de lancer l'épisode 2 de The Jacksons ! Je commence à être inquiète parce que je ne suis pas sûre de pouvoir regarder celui de la semaine prochaine... Oui je suis accro à cette real TV ! Alors, que se passe-t-il dans l'épisode 2 ?

Ca commence par une séquence émotion, des affaires de la mère décédée des garçons ont été retrouvées on ne sait pas où. Quelqu'un a appelé Kim Kardashian pour lui dire qu'il était en possession de photos d'elle enfant avec TJ et elle a appelé son ex. Les trois frères retrouvent donc des affaires personnelles de leur maman, dont son agenda, l'album de bébé de TJ, la balle de baseball du 1er homerun de Taryll. On finirait par penser que Kim est une fille bien. Presque.

Taryll est malheureux. Il faut dire que sa compagne Bre est une vraie bitch ! Le budget est un peu serré puisque les 3T ne sortent plus d'album, sa femme ne travaille pas, et il faut changer la moitié des appareils de la maison. Bre est saoulée, elle veut le frigo le plus cher et refuse de téléphoner à un ouvrier pour réparer la fenêtre, franchement ça ne la concerne pas. Sur les forums il se murmure que Taryll devrait sortir du placard. En tout cas, il devrait clairement quitter cette femme !

TJ fête son anniversaire de mariage pour la première fois depuis des années. Il faut dire que la date tombe à 2 jours de celle de l'anniversaire du décès de Tonton Michael. Comme TJ n'a pas trop d'idée, son cousin Prince (dont il a la garde) lui trouve un endroit où il peut faire un gâteau personnalisé et il décide de le faire avec ses enfants. Scènes soooo cute de papa TJ qui prépare les enfants, coiffe précautionneusement DeeDee 7 ans, tire sur la jupe trop courte à son goût de Jo 4 ans, et va sortir du lit à midi Royal, 15 ans. Les enfants de TJ sont de petits être adorables. Un award pour Jo essayant d'épeler "I LOV U"



Jo : I know how to spell I love you !!
TJ : How do you spell I love you ?
Jo : You don't know ??? I, L, O, V, U... I mean, no, E !
TJ : Then, how do you spell you ?
Jo : Oh... I think that's the U !
DeeDee : No !
Jo : Oh yeah ! Y, O, U !




Pendant ce temps, les frangins organisent un weekend camping avec leurs cousins. Taj achète un costume de grosse bête noire à fourrure pour effrayer tout le monde au feu de camp, puis il va faire des courses avec Taryll. Les cousins se  retrouvent pour aller camper, et il semble que personne ne sache vraiment comment monter une tente ou allumer un feu. On fête le diplôme de Siggy, celui de TJ qui a fini par avoir un diplôme en business cette année, et l'entrée en fac de Prince. Un petit laïus de TJ aux plus jeunes pour leur rappeler qu'il faut respecter et aller voir Grand-mère Katherine Jackson "This family is built on Grandma, we cannot forget that !". TJ, the family man.

La semaine prochaine, les 3 frères discutent avec une femme qui prétend être la fille illégitime de leur père. Ils ont l'air surpris, alors que l'histoire traine dans la presse depuis des années... Va-t-on enfin avoir le résultat du test ADN ? Taj va-t-il faire autre chose que les courses ? Taryll va-t-il envoyer bouler sa bitch de femme ? Ou rencontrer l'homme de sa vie ? TJ peut ne rien faire à part sourire, ça ira déjà très bien.
 
 
Lucile in the sky
05 octobre 2015 @ 20:18
J'attendais la rentrée des séries 2015 pour Grey's Anatomy, Once upon a time, Vampire Diaries, Grandfathered, et un ou 2 pilots à checker. Finalement c'est une real-TV américaine que j'ai le plus apprécié...



Lifetime diffuse depuis vendredi une real-TV sur les 3T !!!!! Là, ceux qui me connaissent depuis trèèèès longtemps voient très bien pourquoi je vous sors ça de mon chapeau. Pour les autres je fais un résumé rapide. 1996, les 3T font un tabac en Europe et ils sont tous les 3 en posters au-dessus de mon lit. J'étais amoureuse de TJ, et de Taryll. Mais comme Taryll avait 21 ans, il me semblait plus réaliste du haut de mes 12 ans de fantasmer sur TJ, 18 ans. TJ était donc mon chouchou en chef des 3 fils de Tito Jackson. A côté, ma demi-soeur, celle qui a 18 mois de plus que moi, était une grande fan du Tonton Michael. Chez Papa, on regardait la VHS "Jacksons, the american dream" (une mini-série sur l'enfance et l'adolescence des Jacksons), et chez mon grand-père on mettait History à fond dans mon lecteur CD et on faisait des bombes dans la piscine au rythme de Black or White. Un des premiers cds que j'ai acheté avec mes sous était une compil des Jacksons 5, j'étais fascinée par la vie qu'avaient mené ces gosses. Et puis les Hanson ont sorti MmmBop, les 3T ont sombré dans l'oubli.

Il m'arrive parfois de passer des heures sur internet à essayer de comprendre cette famille, et c'est très compliqué. Déjà ils sont beaucoup, la première génération (Michael and co) était composée de 9 frères et soeurs, qui à leur tour se sont mariés, ont divorcé, se sont remariés, ont eu des enfants légitimes et illégitimes. Je crois même qu'une des femme a eu des enfants avec deux des frères. C'est un gros bordel. Et ils ont tous des prénoms improbables. Jaafar, Jermajesty, Royal, Prince Michael et Prince Michael II (les deux fils de Michael), Paris, Rio... Jermaine a eu Jermaine Jr, Randy a eu Randy Jr, Marlon a eu Marlon Jr, et Tito (Toriano Adaryll de son vrai prénom) a eu Toriano Adaryll Jr (Taj) et Tito Joe (TJ). Les Jacksons ont soit trop d'imagination en ce qui concerne les prénoms de leurs enfants, soit pas assez (ouais, bah pour celui là on va juste rajouter un Jr et puis ça ira !). Les rivalités entre Jacksons sont légions, il y a du fric, de la célébrité et trop de monde. Puis, à l'adolescence, quelques années après le divorce de leur parents, Taj, Taryll et TJ ont perdu leur maman. La jolie Dee Dee a été assassinée dans sa piscine par son petit-ami car elle refusait de soutirer de l'argent à Michael. Les garçons ont dans un premier temps vécu avec Tonton Michael avant de retourner chez leur père. Taj, Taryll et TJ étaient les enfants de Michael avant que Michael ait ses propres enfants. Il y a clairement de quoi faire une série sur cette famille, Dallas c'est une blague à côté, et voilà que Lifetime s'est emparée du filon.

Alors The Jacksons, next generation, c'est bien ? Mais ouiiiiii c'est bien ! On suit Taj, Taryll et TJ, les anciens 3T, qui essaient de sortir un nouvel album, ou pas. Et on voit des cameos d'une bonne partie de la famille. Les trois frangins sont assez touchants, je suis assez naïve pour les croire quand ils disent que tout est spontané et qu'ils ont été honnêtes avec la caméra. On voit d'abord TJ à la tête d'une famille gigantesque. A 20 ans, TJ a eu un enfant (Royal) avec une femme qui en avait déjà 2 d'un précédent mariage, il l'a épousée et lui a fait 3 autres enfants (Dee-Dee, Jo-Jo et Rio). Puis après la mort de Tonton Michael, quand Prince, Paris et Blanket se sont retrouvés coincés entre Mamie et le reste de la famille qui en voulait à leur héritage, TJ réclame la tutelle partagée avec sa grand-mère des 3 enfants, et il l'obtient. TJ a donc 37 ans et 9 enfants à charge dont pas mal d'ados qu'il n'a pas engendré. On l'imagine essayer de gérer Paris 17ans avec son nouveau petit-copain et ses cheveux rouges... Cf une courte interview mignonne à ce propos sur ET. The Jacksons next gen montre quelques scènes en famille, avec un TJ qui semble être un papa attentif, aimant, parfait... Et il reste calme quand son aîné ramène sur le tapis la liaison de 3 ans que TJ a eu avec Kim Kardashian avant de connaître la mère des enfants. Oui, j'ai appris des trucs qui m'ont plu moyen... A l'époque où je convoitais TJ en collant des photos de lui dans mon agenda, le jeune homme allait au bal de promo avec Kim Kardashian ! Bref... TJ apprend que son petit dernier est sourd d'une oreille et met tout le premier épisode à l'avouer à sa famille, c'est la partie larmoyante du show. Mais j'ai aussi eu très envie de faire un gros câlin à TJ !

D'un autre côté les intrigues des deux autres frangins prennent moins de place dans l'épisode 1. Taj est jeune marié, on ne voit jamais sa femme, il fait pas mal la tronche et va voir Mamie Jackson pour lui demander la permission de réaliser un documentaire sur Tonton Michael. Taryll est marié et a des problèmes avec sa femme, ils ont deux petits garçons qui leur demandent d'arrêter de s'engueuler devant la caméra. Taryll a des problèmes avec sa vie en général, TJ pense que c'est parce qu'il est trop gros et ne cesse de le lui rappeler. Sympa le petit frère. D'après Taryll, son problème principal c'est qu'il voudrait ressortir un album des 3T mais que ses 2 frères n'en ont rien à foutre. TJ n'a pas le temps avec ses 9 gosses et son petit Rio avec sa surdité (mais ça Taryll n'en sait rien), et Taj ne trouve pas d'excuse valable. Taryll trouve donc que TJ est méchant. On se demande alors pourquoi Taryll ne fait pas un projet solo, probablement parce qu'il a l'air d'être trop fainéant pour prendre sa vie en main. A la place il préfère pleurer on disant qu'il n'a pas surmonté la mort de sa mère, ni celle celle de Tonton Michael. Tito, le père, débarque, fait risette avec bébé Rio, se renseigne sur le first date de Royal, et s'étonne que ses fils aient des problèmes. Il leur dit qu'il sacrifié trop d'argent et de temps aux 3T pour que les garçons abandonnent. Tito a l'air d'un vieux mafieux. TJ organise avec Prince (le fils aîné de Michael) une partie de paintball entre cousins pour alléger l'atmosphère. A la fin de l'épisode tout le monde sait pour Rio, et les 3T enregistrent une chanson qui dit "If I had a chance I would tell you, you're not alone, I'm by your side. And that's the way the story goes. It's gonna be okay I got you !"

RDV Vendredi pour le prochain épisode. Est-ce que les trois frères vont enfin dire merde à leur mafieux de père et avouer qu'ils n'en ont rien à foutre de reformer les 3T ? Est-ce que Taryll va maigrir et arrêter de râler ? Est-ce que Taj va avoir une intrigue ? Rio va-t-il être appareillé ? Les enfants de TJ vont-ils continuer à être adorables devant la caméra ? Est-ce que Royal va réessayer de ressortir le vieux dossier Kim Kardashian ? Le sourire de TJ peut-il être plus charmant ? Va-t-on apercevoir les autres enfants de Michael ?

#TeamTJ
 
 
 
Lucile in the sky
29 septembre 2015 @ 14:53
Hier j'ai écouté un podcast sur les maltraitances gynécologiques. Ensuite, j'ai été lire des posts de blog critiquant la prise en charge dans les maternités. J'ai retourné tout ce que j'avais lu et entendu dans ma tête un petit moment, et puis je me suis dit qu'il y avait certes des choses qui n'allaient pas du tout dans la prise en charge faite par certains soignants, mais aussi qu'il y avait un décalage énorme entre ce que les patientes attendaient de nous et ce qu'on pouvait leur offrir. Je parle des femmes enceintes et de leur suivi de grossesse, car c'est ce que je connais.

J'ai lu des posts de patientes extrêmement déçues de leurs suivis. Des histoires de gynécos qui avaient clairement mal fait leur boulot en ne proposant pas tous les examens aux patientes et en faisant des choix à leur place. D'autres qui se plaignent que la consult ait été bouclée en 15 min, sans que la gynéco ait demandé si la patiente vomissait ou expliqué des choses sur la grossesse. Et là je m'arrête, parce que c'est exactement ce que je fais, la plupart du temps. J'ai une patiente toutes les 15 minutes en consultation. 15 min c'est très peu, parce que la moitié d'entre elles a au moins 10 min de retard et que je ne peux pas leur dire "il reste 5 min seulement pour la consultation si je veux tenir mon planning", parce que dès qu'un examen n'est pas normal la consult va prendre entre 20 et 30 min. Quand une consult me prend 30 min, parce qu'il y avait un diabète à expliquer, parce que la femme s'inquiète que son bébé soit gros et qu'elle veut un arrêt de travail, je vais essayer de rattraper après. Je sais qu'avec femme qui parle peu français, qui attend son 4e enfant, n'a donc pas de question, en été quand le déshabillage est rapide, et si tout va bien, je peux faire la consult en 7 minutes. Je travaille à l'APHP, je vois 16 patientes entre 9h et 15h30, dont 5 rdv d'ouvertures de dossiers qui sont censés prendre 30 min, mais en prennent plus 40 à 50. Sur le papier j'ai 1h15 pour manger, dans la réalité si j'ai 20 minutes c'est bien. Parce que ce planning est presque impossible à tenir. Donc, même si je commence ma consult par un "comment allez-vous?", je prie pour qu'on me réponde "bien" et 7 fois sur 10 ce n'est pas le cas. Je ne sais pas comment c'est ailleurs, mais mes patientes sont loin d'être des femmes enceintes épanouies, elles ont mal au dos, elles dorment mal, elles ont des remontées acides, des cafards dans les placards, plein d'enfants dans un studio au 7e étage, n'ont pas le temps de faire leurs examens et veulent une prescription de doliprane. Les petits maux de la grossesse, elles les exacerbent tous, parce que leur vie à côté est déjà difficile. Et puis il y a les Bobos stressées qui ont eu une contraction il y a 3 jours et pensent que c'est grave. Alors voilà, selon les blogs, les Bobos elles voudraient que je leur explique la grossesse pendant la consult du 5e mois. Prendre une tension, lire les examens, écouter le bébé, prescrire une écho, dire que la grossesse se passe très bien, ce n'est pas ce qu'elles attendent. Du coup, je ne sais pas du tout ce qu'elles attendent... Quand elles ont des questions j'y réponds volontiers, même si j'ai déjà explosé mon compteur de consult à rallonge pour la matinée, et en général à la 7e question j'abrège et rappelle l'existence des cours de préparation. Les patientes partent en général avec le sourire parce que j'essaie de rester patiente et de me mettre à leur place, et aussi parce que je sais que la meilleure manière de faire comme si j'avais le temps c'est de sourire et d'avoir une voix douce. Mais je sens bien qu'elles sont parfois déconcertées par le côté expéditif de la consult, pourtant tout est fait. Parfois je me demande ce qu'elles attendent vraiment, de quoi elles ont besoin que je leur parle. Je ne sais pas. Pourtant mes patientes m'aiment bien dans l'ensemble, je le sais car elles disent qu'elles sont contentes quand elles retombent sur moi, elles savent que je suis toujours pressée mais que si elles ont des questions ou besoin que je m'arrête un peu, je vais stopper mon chronomètre jusqu'à ce qu'on ait fait le tour du problème. Et pour tenir mon planning j'essaierai d'expédier les 2 patientes suivantes en 7 minutes, je me rattraperai le mois suivant en arrêtant le chrono pour elles, chacune son tour, mais pas tous les mois si possible. Donc voilà, je suis curieuse, je me demande ce que les patientes attendent d'autre de leurs consultations de grossesse, à part plus de temps, car ça je le sais et je n'ai pas vraiment les moyens de l'offrir, je travaille à l'APHP. Et je me dis que peut-être, certaines vivent ces consults rapides comme de la maltraitance. Je vais essayer de faire mieux.

Je vais passer sur l'accouchement qui en général n'est pas un gros sujet de plainte, à part l'épisio, mais j'y ai déjà consacré un post entier il y a quelques temps.

Le deuxième gros sujet de plainte c'est les suites de couches. Toujours, partout, ça ne se passe jamais comme elles le voudraient. On leur dit 40 trucs différents sur l'allaitement, on ne leur explique pas comment donner un biberon, on ne prend pas le bébé la nuit, y'a des connes qui leur disent qu'elles sont de mauvaises mères, la bouffe est pas bonne et on ne répond pas assez vite aux sonnettes. Clairement quand on lit les plaintes sur les blogs on se rend compte que les attentes des patientes dépassent l'offre possible. Il y a de vrais gros problèmes en suites de couches, des vieilles connes qui parlent mal aux patientes, clairement elles peuvent le vivre comme de la maltraitance. Je n'ai aucune prise là-dessus, à part passer du temps pour réassurer la patiente après. Mais il y a surtout qu'on n'est pas assez pour passer autant de temps dans les chambres que ce que les femmes voudraient. Le truc c'est que la plupart des femmes hospitalisées en suites de couches ne sont pas malades mais sont tout de même dans un hôpital. Le personnel est donc moins nombreux qu'ailleurs car il y a peu de gros soins effectués, en revanche les patientes sont très demandeuses d'intendance, sauf qu'on n'a pas de garçon d'étage ! Je me rappelle de mes études, des étages de 14 lits, c'était royal, on avait le temps d'expliquer plein de trucs aux femmes. Peu de cas compliqués et peu de gros problèmes sociaux. Aujourd'hui c'est une sage-femme pour 22 lits (donc 25 à 28 patientes avec le turn-over des sorties/entrées) de 8 à 18h, une infirmière, une aide-soignante et 2 auxiliaires débordées et épuisées. Moi je fais mon tour entre 10 et 15-16h, avant je vais au staff, après je fais l'administratif, ce que font les auxiliaires pendant leur tour, ce qu'elles expliquent et montrent aux mamans, je n'en ai aucune idée. Dans mon hôpital, la pédiatrie est clivée de l'obstétrique, je m'occupe des mères, je me tiens au courant de ce qu'il en est pour le nouveau-né mais je n'ai aucune prise de décision en ce qui concerne les enfants de mes patientes. Ce n'est pas une bonne organisation, mais je ne me bats pas car j'ai déjà à peine le temps de m'occuper de mes 26 patientes en moyenne. Mais mes patientes accouchées pensent toujours que la sage-femme va leur expliquer comment faire le bain, changer la couche et attendent de moi que je m'intéresse au bébé puisque leur monde tourne désormais autour de lui. J'aime bien les bébés, je les prends dans les bras et je dis à la maman que moi c'est d'elle que je vais m'occuper. Je vérifies que tout va bien pour elle, donne des conseils d'allaitement, si allaitement maternel il y a. Dimanche, j'ai commencé mon tour à 10h, mes patientes avaient envie de parler, à 11h30 je n'en avait vu que 4 ou 5, il était temps que j'accélère un bon coup, j'allais expédier la chambre suivante, j'y passerai plus de temps le lendemain. Echec, la dame qui venait d'accoucher avait plein de questions, je lui dis que son bébé a la couche pleine, elle me dit qu'elle a déjà changé des bébés mais qu'on ne lui a encore rien montré ici. Elle attend manifestement que je lui apprenne, ça va prendre du temps, c'est pas du tout mon taff, mais allons-y, je revêts mon plus beau sourire et installe la table à langer. Je me mets à sa place, si on me répondait "c'est pas mon taff, allez demander à ma collègue", je me dirais vraiment "quelle équipe de fainéants". Des enfants j'en ai changé un nombre incalculable, juste très rarement au boulot. Je dis à la dame de poser le bébé sur la table et de le déshabiller "c'est pas sorcier si vous avez déjà changé des couches, vous le déshabillez, vous nettoyez à l'eau et au savon, vous mettez une couche propre et vous le rhabillez ! Je reste à côté de vous.", elle me regarde un peu désarçonnée par mon ton désinvolte, elle s'attend manifestement à un cours magistral sur le changement de couche. Moi je ne sais pas quoi lui dire d'autre, je ne vois pas ce qui est complexe, et j'ai encore 20 patientes à voir. Elle a compris que je ne m'occupait jamais des couches quand elle m'a demandé quoi faire avec le cordon et que j'ai répondu "hum... moi je le mettrais au-dessus de la couche, mais je suis pas trop sûre. Les enfants que j'ai l'habitude de changer n'ont plus de cordon ombilical ! Ouais nan, mettez-le au-dessus, c'est bien au-dessus". Il y a des patientes qui se plaignent qu'on ne leur explique pas comment donner un biberon. Je n'aurais jamais eu l'idée d'expliquer comment donner un biberon, ils sont tout prêt à la mat' ! On met la tétine dans la bouche de l'enfant... Non, je ne sais pas quelles explications elles attendent en fait, ça explique qu'elles ne soient pas contentes, je ne sais pas quelles questions elles se posent, alors c'est difficile de les devancer. Elles attendent de moi toutes ces petites choses, et moi j'aspire à sortir de la chambre et envoyer une auxi à ma place, mais patiemment je reste et leur dis de poser toutes leurs questions. Et dans la chambre à côté il y a Mme A qui n'a pas de sécu, il faut que je règle sa situation avec l'assistante sociale car elle a eu une césarienne et doit sortir avec des médicaments qu'elle ne pourra pas payer. Plus loin il y a Mme C qui a une pathologie qui contre-indiquait formellement une grossesse, que pour elle il faut que j'appelle la médecine interne pour son traitement, et l'assistante sociale car la dame est trop malade pour rentrer chez elle avec un nouveau-né, il faut lui trouver une place en foyer mère-enfant. Il y a aussi Mme B qui revient de réa, elle a fait une hémorragie massive à l'accouchement, on lui a retiré l'utérus pour la sauver. Et puis il y a Mme D qui veut me montrer son petit bouton sur le pubis. Il faut aussi que j'aille voir Mme E dont le bébé est en néonat et j'aimerais comprendre pourquoi elle n'est pas montée le voir depuis 2 jours, pourquoi chaque fois que je rentre dans sa chambre, les volets sont fermés et la lumière éteinte. Et puis il faut s'occuper de Mme F qui traine la jambe depuis hier, il faut que je lui trouve des béquilles et qu'on lui fasse une IRM rapidemment ! Et avec tout ça la salle de naissance n'arrête pas d'appeler pour savoir si les patientes sont sorties, il y a des accouchées qui attendent leurs lits depuis 5h, des femmes qui arrivent en travail, mais y'a plus de places pour elles. Je vais voir les sortantes, mais elles préfèrent partir après déjeuner, ça arrange pas leur mari de venir ce matin. Je rappelle que les sorties c'est 10h, et je les mets un peu dehors, elles vont partir mécontentes, mais au moins personne n'accouchera en salle d'attente en bas.
J'ai tout ces trucs-là à faire, donc peut-être que les petites Bobos qui vont très bien, sont bien entourées et ont fait une préparation à la naissance, j'espère qu'elles ne vont pas avoir trop besoin de moi. Et ce sont elles qui attendent le plus de leur séjour en suites de couches, ce sont souvent elles qui râlent, elles attendent qu'on passe du temps avec elles, qu'on les encadre pour le moindre truc qui nous parait simple. Et je comprends, mais personne n'a le temps, alors ça aussi ça peut être de la maltraitance médicale. Tout le monde est débordé, et la priorité va toujours à la patiente ou au bébé qui va moins bien, qui a de plus gros problèmes. Ces petites Bobos viennent s'inscrire dans des mater de niveau 3 car c'est là qu'il y a les plus grosses réas néonat "au cas où" et elles ne comprennent pas qu'on leur dise d'aller en niveau 1 car leur grossesse est à bas risque. Elle pensent que le niveau 3 c'est le must, le 4 étoiles des mater, sauf qu'en niveau 3 si elles vont bien, il y a toujours plus malade qu'elle, il y a toujours des patientes qui vont mal qui vont nous prendre plus de temps, et on va passer vite sur leur grossesse normale, elles vont être frustrées. En niveau 1, on a le temps d'expliquer comment donner un biberon, et je suis sûre que la sage-femme sait même ce qu'on fait du cordon quand on change une couche ! En niveau 1 les femmes et les bébés vont bien, on sait faire de la bobologie. Moi ça me saoûle la bobologie, mais je comprends que les jeunes accouchées en aient besoin, alors j'en fais aussi, seulement je n'ai pas vraiment le temps et des fois je sors de la chambre en me disant que je ne suis pas une nurse. J'ai l'impression qu'aujourd'hui les femmes ne connaissent plus la base, qu'il n'y a plus aucune transmission générationelle, je n'avais jamais cru qu'il fallait apprendre à une femme de 30 ans à changer une couche, à porter un bébé, à donner un biberon. C'est juste un bébé ! Je ne dis pas ça parce que je suis sage-femme, à 14 ans je savais faire tout ça et je n'ai pas eu de petit frère ou de petite soeur. A 15 ans, je surveillais mes petits cousins de 5 et 3 ans dans le jardin en portant leurs petits frères de 2 mois et 13 mois, chacun sur un bras. Je pense que certaines patientes pourraient voir ma façon de leur dire en souriant "ben c'est pas compliqué !" comme de la maltraitance. Elles attendent des 72h en maternité qu'on leur apprenne tout sur un bébé de A à Z, personne n'a le temps de faire ça. Les gens aujourd'hui se posent beaucoup de questions sur la manière d'éléver un enfant... Et leurs attentes sur le séjour en suites de couches sont extrêmement différentes de ce que les soignants peuvent réellement apporter... Dimanche en passant à l'étage inférieur j'ai croisé une patiente que j'avais suivie qui avait accouché quelques jours avant. Je lui demandé comment ça allait, elle m'a dit que je pouvais venir revoir sa fille si je voulais. J'étais un peu pressée, j'avais déjà vu son bébé 2 jours avant, j'ai fait un sourire et répondu que je n'aurais sûrement pas le temps. Encore une fois décalage, la patiente attendait que comme ses copines j'ai envie de voir son bébé tous les jours, moi demander si la mère et l'enfant se portent bien me suffit. Je ne suis qu'une sage-femme lambda, je fais partie de celles qui n'aiment pas trop les suites de couches, parce que la bobologie ça m'ennuie vite, et pour tout ce que Knackie (une sage-femme blogueuse avec une jolie plume) raconte mieux que moi ici, mais je ne suis pas représentative de l'ensemble de la profession. J'ai des collègues qui adorent ça et font ça bien mieux que moi ! Je suis en revanche à peu près sûre de bien faire illusion, mes patientes n'imaginent pas une seconde que je n'ai pas envie d'être là, je suis professionnelle et souriante presque en toute occasion.

Je ne sais pas ce qu'il y a à repenser pour adapter l'offre à la demande, car il faut clairement faire quelque chose. Principalement il faudrait augmenter le personnel à l'hôpital pour qu'on ait plus de temps à passer avec les patientes. Mais ça n'arrivera pas, on passe notre temps à voir des postes être supprimés. Mais je crois qu'il y a aussi un problème de société, est-ce que c'est bien normal qu'on puisse être si démunie face à son bébé lorsqu'on vient d'accoucher ? Manifestement les 8h de préparation à la naissance ne suffisent pas, et le séjour à l'hôpital est souvent un moment frustrant pour des patientes aux hormones à fleur de peau. Il y a toute une réflexion à faire là-dessus. Supprimer les suites de couches pour les accouchements normaux, puisqu'elles semblent ne pas être satisfaisantes ? Faire comme en Angleterre, retour à domicile au bout de 6h et suivi personnalisé organisé à domicile ? C'est peut-être ça l'avenir...
 
 
Lucile in the sky
03 juillet 2015 @ 16:01
Ce LJ est un véritable foutoir. Ca fait quelques temps que je pense à le ranger, supprimer des posts très anciens qui ne sont plus vraiment moi, classer les articles. Ce LJ a presque dix ans, j'ai peur de ce qu'on peut y trouver en allant fouiller tout au fond. Mais comme j'ai la flemme de ranger (vous verriez l'état de ma chambre aujourd'hui...) j'ai commencé à penser à déménager. Pas complètement, mais un peu. Et puis LJ se meurt depuis des années de toutes façons.

J'ai envie de blogs un peu classés. Il y a quelques mois j'ai ouvert un blog sur wordpress pour poster des photos de voyages. J'ai mis un article en ligne et puis ça s'est arrêté là, probablement un jour, j'y ajouterai d'autres voyages !

Aujourd'hui j'ai ouvert un blog de lectures sur canalblog (je teste les différents sites). Comme je suis un peu fainéante j'ai commencé par copier les posts de lecture que j'avais fait ici. Ca remplit un peu, ce blog se sent moins vide que celui des voyages !

Ce LJ va rester. Il n'y a nulle part ailleurs où j'ai envie de poster mes billets d'humeur, mes récits de garde, même s'ils se font de plus en plus rares. LJ c'est toujours ma maison, mais j'ai acheté 2 apparts en plus (à défaut de pouvoir le faire en vrai...)

Le blog un peu vide de voyages c'est ici : lifeanywherebuthere.wordpress.com

Le blog de lecture c'est ici : http://lucileland.canalblog.com/
 
 
Lucile in the sky
17 juin 2015 @ 18:27
Sagamore Stévenin quitte Falco. Ou plus vraisemblablement : TF1 a lourdé Sagamore Stévenin car il n'était pas assez docile. Je n'ai pas pris la nouvelle si mal que ça, malgré mon engouement pour cette série, probablement car mon admiration pour l'acteur principal ne date pas d'hier.

Je n'ai pas été très étonnée par cette nouvelle, je m'étais toujours dit que Sagamore n'allait pas être le genre de gars à faire 10 saisons d'une série, à se lever tous les matins pendant des années pour jouer le même rôle. Alors 3 saisons, je trouve ça déjà bien. À vrai dire, j'étais persuadée qu'il tirerait sa révérence en fin de saison 4. En 3 ans je l'aurais vu beaucoup plus dans ma télé que les 18 années précédentes. Contrairement à tous ces fans qui ont découvert Sagamore dans Falco, j'ai l'habitude d'attendre longtemps ses apparitions et de me contenter de ce qu'il m'offre. Car ce monsieur est parfois avare de rôle! J'espère que maintenant qu'il a été mis en avant sur une grande chaîne, on lui proposera plus de choses... Tous ces fans qui clament fort leur amour à Sagamore sur Twitter, l'ayant découvert il y a deux ans, vous savez qu'il tourne depuis 25 ans? Vous étiez où tout ce temps, quand j'avais l'impression d'être la seule à le connaître, la seule à attendre ses films qui ne venaient pas? Au moins, maintenant que la fan base est créée, je les attendrai peut-être moins longtemps ses apparitions!

Alors quand même, fuck TF1 parce que tu tires une balle dans le pied de ta série, et parce que j'aurais bien profité encore un peu de Sagamore dans mon poste de télé. Mais surtout, Sagamore, je t'en prie, ne me fais pas attendre encore 3 ans avant de te retrouver dans ma télé!!!!

Love, see you soon buddy !
 
 
Lucile in the sky
26 avril 2015 @ 20:04
Shonda Rhimes a déconné, déconné sec !

SPOILERS Grey's Anatomy Saison 11 épisode 21Réduire )

 
 
Lucile in the sky
24 mars 2015 @ 21:18
Quand un avion se crashe, je pense à ma mère.

J'ai le souvenir du Rio-Paris, j'étais avec elle ce jour-là et toute la matinée elle était scotchée à la radio. Adolescente, ma mère a perdu une partie de sa famille dans un accident d'avion. Elle en parle rarement, c'était il y a très longtemps, mais c'est là dans un coin. Pour moi ça fait partie de l'histoire familiale, pour elle c'était son oncle, sa tante et ses deux cousines. Il est resté une cousine qui n'était pas partie en vacances avec le reste de la famille, à cause d'examens. C'est une histoire que j'ai souvent entendue, une partie de la famille qu'on nous a amputé. Ma grand-mère avait deux frères, l'un est toujours là, je l'ai souvent vu, petite je jouais avec ses petits-enfants. Je savais aussi qu'il y avait eu un autre frère et qu'il y aurait pu avoir d'autres cousins, mais paf l'avion. C'était le parrain de ma mère, c'était la cousine avec qui elle avait grandi, et puis des vacances au soleil et elle ne les a plus jamais revus. Cet oncle, je savais qu'il était chirurgien en banlieue parisienne, ma mère parle parfois de 25 décembre de son enfance au cinéma des Champs-Elysées, avec ses cousines pour aller voir le nouveau Disney. Et puis un jour il y a quelques années, je marchais à Nogent sur Marne, et je suis passée devant la clinique Armand Brillard. Je me suis arrêtée d'un coup et mon coeur a fait un petit saut, je ne savais pas qu'on avait donné le nom de ce grand-oncle à une clinique. C'était le passé familial qui s'affichait en grosses lettres sur un hôpital, c'était l'émotion de ma mère quand elle en parle qui s'était plantée devant moi. Je suis venue travailler à Paris, j'ai parfois des patientes qui sont suivies là-bas, je me suis habituée. Mais chaque fois que j'entends le nom de cette clinique, j'ai une petite pensée pour ma mère et pour ce grand-oncle que je n'ai jamais connu. C'est difficile à expliquer. Quand on me parle de Robert Debré je pense à l'hôpital, pas au médecin. Mais quand on me parle d'Armand Brillard je pense au frère de ma grand-mère, et il me faut une seconde pour penser à l'établissement de santé. Chaque fois que quelqu'un prononce ce nom au travail, c'est mon histoire familiale qui s'y glisse. Chaque fois je regarde mon interlocuteur, qui est déjà passé à la phrase suivante sans savoir que ma mère vient de s'imiscer entre nous, avec sa propre mère, son oncle, sa tante et ses cousines. Tout à coup il y a un monde fou entre mon interlocuteur et moi, alors je secoue la tête et je les fais partir pour reprendre le fil du dossier dont on parle. Je m'étonne toujours un peu qu'on prononce ce nom sans savoir, sans savoir qu'il était frère de, père de, parrain de, sans savoir pour l'avion, pour les films de Walt Disney. Mais finalement moi je ne sais pas vraiment qui c'était non plus, à part une légende familiale.

Tout ça pour dire que ce midi, quand j'ai entendu parler de l'airbus qui s'est écrasé, j'ai pensé à Maman. Je me suis dit qu'il fallait que je l'appelle. Par procuration j'ai eu une pensée furtive pour l'oncle, la tante et les cousines. Et puis cet après-midi j'ai ouvert un dossier d'une patiente qui a été suivie à Armand Brillard. Le temps d'une seconde toute la famille s'est invitée sur mon bureau, et j'ai secoué la tête, j'ai soufflé, ils sont partis. Une heure après avoir appris un accident d'avion, c'était un peu ironique.
Tags: